J'ay condamné ses mœurs, contredit ses propos,

J'ay fait ce que j'ay peu pour troubler son repos.

Mais il mesprise, hélas! mon mespris et moi-mesme…

Pour se venger, elle fait rendre un oracle qui le condamne à mort, comme ayant tué un cerf consacré à Diane, que les bergers les plus agiles n'avaient pu voir que de loin, et dont la tête avait été proposée par Amaranthe, qui regardait pareil exploit comme impossible, pour prix de son cœur et de sa main.

Mais à peine Oronte a-t-elle exécuté sa vengeance, qu'elle s'en repent, et ses remords sont violents comme ses passions:

O Vengeance, d'abord douce et pleine de charmes,

Mais qui contre moi-mesme enfin tournes tes armes,

Et fais voir à celui qui s'est le mieux vengé

Qu'il est le plus coupable et le plus affligé!

Le moment fatal arrive: et voyant qu'Alexis va périr, Amaranthe regrette sa réserve d'autrefois, déclare qu'elle l'aime, et puisque les Dieux lui ont ordonné de faire entre tous les bergers un choix qu'ils ont promis de consacrer, elle le choisit malgré l'oracle qui veut l'immoler: