«Boisrobert, rapporte des Réaux, avoit estourdiment donné rendez-vous à Sérisay, qui avoit fait la moitié d'une tragi-comédie qu'il n'acheva point, et à Gombauld tout ensemble; et quand ce vint à luy, le Cardinal estoit las d'entendre lire[37]…» Ainsi la fatalité s'attachait à ses lectures devant les grands de la terre.

[37] Tallemant des Réaux.—Historiettes, II, 461.

On connaît la tragique histoire de Danaüs, qui avait fiancé ses cinquante filles aux cinquante fils de son frère; mais ayant appris par un oracle qu'un de ses gendres devait le mettre à mort, il fit promettre à ses filles de massacrer leurs époux pendant la première nuit des noces. Quarante-neuf d'entre elles obéirent aux ordres paternels; seule, Hypermnestre épargna Lyncée, son mari, qui, accomplissant les paroles de l'oracle, tua son criminel beau-père, et lui succéda sur le trône d'Argos. La célèbre tragédie d'Hypermnestre, par Lemierre, a rendu ce sujet presque classique, en faisant oublier complétement les Danaïdes de Gombauld, dont on pourra juger le style par ce début:

SCÈNE PREMIÈRE.

DANAUS, roi d'Argos.—AMARIE, une des femmes de Danaüs.

DANAÜS.

Voici la nuit fatale et les noirs Hyménées,

Par qui l'ordre du Ciel presse mes destinées.

Le funeste moment qui menace mes jours,

S'il en faut croire aux Dieux, précipite son cours.