Où d'un funeste effort mes yeux déjà mourrans
Pensent voir mille objets comme songes errans…
Et le drame se termine par ces vers:
La Mort dans l'univers est la plus absolue.
La terre ni les cieux ne lui refusent rien:
Qui ne peut la trouver ne la cherche pas bien.
Malgré beaucoup de défauts et surtout d'obscurités, on avouera que les deux derniers actes de cette tragédie présentent des situations fort dramatiques; et le caractère d'Hypermnestre, qui, au second acte, avait eu un moment de faiblesse, plus apparente que sincère, en promettant ou feignant de promettre d'obéir aux ordres paternels, se relève et se soutient d'une manière très-sympathique. Mais l'intérêt et le dialogue de ces deux derniers actes ne purent racheter, près des spectateurs, la froide et obscure monotonie de l'exposition interminable des tableaux d'oracles et d'horreurs des trois premiers actes. Que de vers, que de phrases entières incompréhensibles! et plusieurs scènes sont tellement révoltantes, que les sympathies de l'auditoire ne devaient pas accompagner fort loin l'œuvre du poëte.
Aussi Gombauld, devant la réception faite par le public à la représentation de sa tragédie, hésita-t-il fort longtemps à la livrer à l'impression. Mais une quinzaine d'années plus tard, sur les instances de ses amis qui ne voulaient pas laisser perdre les quelques scènes à caractère des Danaïdes, et pressé aussi par sa triste situation pécuniaire, il la livra aux éditeurs (1658). Elle a, depuis, trouvé place dans le VIe volume du Théâtre français ou Recueil des meilleures pièces de théâtre, publié en 1737.
Cet insuccès relatif ne découragea pas complétement le poëte-gentilhomme. La vogue qu'avait eue jadis son Amaranthe lui mettait martel en tête, et la carrière dramatique ne lui semblait pas devoir être complétement fermée pour lui, après un si brillant début. Il travailla donc encore à une nouvelle pièce de théâtre, et cette fois dans le genre des tragi-comédies qui se trouvèrent de mode après l'éclatant succès du Cid. Mais sa pièce intitulée: Cydippe ou Acante, sujet qui avait déjà été traité en pastorale, en 1633, par de Baussais, ne lui parut pas, après réflexion, avoir des chances de tenter avantageusement la fortune de la rampe, ni même celle de l'impression. Conrart signale cette tragi-comédie parmi les manuscrits qui devinrent la propriété des héritiers de Gombauld, après la mort du poëte: mais elle n'a jamais été, que nous sachions, ni représentée, ni imprimée.
La dernière œuvre que nous ayons à signaler de lui avant la mort de son second protecteur, le cardinal de Richelieu, est sa collaboration à cette fameuse Guirlande de Julie, que tous les poëtes de l'hôtel de Rambouillet tressèrent avec amour, pour permettre au futur duc de Montauzier de déposer aux pieds de la belle Julie d'Angennes, fille de la marquise, un tribut poétique digne de la précieuse réputation de l'hôtel. Si bien reçu dans les salons d'Arthénice, Gombauld ne pouvait refuser de contribuer à la réalisation du galant projet du soupirant, si célèbre par sa constance; il choisit l'Amaranthe, et composa ce madrigal: