[40] Goujet.—Bibliothèque française, XVII, 132.
«Suivons toujours notre naturel, dit Guéret dans la Guerre des auteurs; ne sortons jamais du genre qui nous est propre, et n'envions point aux autres la gloire que nous ne sçaurions acquérir comme eux. Laissons L'Élégie à Desportes, les Stances à Théophile, le Sonnet à Gombauld, l'Épigramme à Maynard…» et Furetière, dans sa Nouvelle allégorique des troubles du royaume d'Éloquence, n'hésite pas à proclamer que «de l'Isle sonnante, ou Terre des Sonnets, Gombauld, le grand casuiste et législateur du païs, en fit venir de bien propres et de bien lestes…»
Chapelain déclare «fort beaux» les sonnets de son ami[41], et Costar proclame que «c'est le poëte de France qui fait le mieux les sonnets et les épigrammes…» Ménage va plus loin encore: en plusieurs passages de ses Observations sur Malherbe, il n'épargne point son enthousiasme lorsqu'il parle des sonnets de Gombauld; il dira, par exemple: «M. Gombauld a fait une faute toute semblable en ces beaux vers de cet admirable sonnet qui commence par Cette race de Mars.»
[41] Mélanges de littérature tirés des lettres manuscrites de M. Chapelain.
Tallemant est le seul qui jette une note discordante dans ce concert de louanges: «Les vers de Gombauld, pour l'ordinaire, ne vous vont point au cœur, dit-il; ils ne sont point naturels; plus: il y a grand nombre de sonnets où, pour bien rimer, il tire souvent les choses par les cheveux[42]…»
[42] Tallemant.—Historiettes, II, 461.
Nous regrettons de n'avoir pas le loisir de citer ici un grand nombre des petits poëmes de Gombauld; nous en choisirons un de chacune de ses trois périodes amoureuses, et l'on avouera que le dernier, surtout, donne tort à Tallemant, car le sentiment qui y règne nous semble fort délicat.
I
Leve-toi, je te prie, amante de Céphale,
Je dois voir aujourd'huy l'Astre de mon amour;