Le P. Bouhours, dans sa Manière de bien penser des ouvrages d'esprit, cite comme un chef-d'œuvre de naïveté l'épigramme suivante:
Colas est mort de maladie,
Tu veux que j'en plaigne le sort:
Que diable veux-tu que j'en die?
Colas vivoit, Colas est mort.
«Après tout, reprit Philante, ces pensées, toutes naïves qu'elles sont, ne laissent pas d'avoir un peu d'antithèse. Vivre, mourir, fait un petit jeu qui égaye la chose.—La naïveté, dit Eudoxe, n'est pas ennemie d'une certaine espèce d'antithèses qui ont de la simplicité selon Hermogène, et qui plaisent mesme d'autant plus qu'elles sont plus simples: elle ne hait que les antithèses brillantes et qui jouent trop…»
Gombauld a mêlé à son Recueil quelques épigrammes à la grecque, qui ne sont, à proprement parler, que des madrigaux: tels le quatrain destiné à la Guirlande de Julie, et le suivant, qui date de la cour de Marie de Médicis.
A Philis, parée pour aller au ballet des Déesses:
Ces Déesses qui sont ornées