Les premiers essais poétiques de Gombauld ne sont pas à la hauteur de ses modèles. On y rencontre cependant certains traits qui annoncent l'auteur des Sonnets et des Épigrammes, et qui justifient ce passage de l'Éloge de Conrart, où il dit que son ami avait l'esprit «moins fécond que judicieux». Ces premières poésies se composent de stances, de quelques élégies et de vers destinés à des ballets ou à des divertissements, comme on en faisait tant à cette époque, et qu'on peut lire dans le volume des Œuvres poétiques publié par l'auteur en 1646. Aucune de ces petites pièces n'est restée dans la mémoire de la postérité: les contemporains ne les ont cependant pas dédaignées, et le savant Ménage en cite des fragments avec éloge dans ses Observations sur Malherbe.

Voici, par exemple, des vers commandés expressément par Marie de Médicis, pour le Ballet des Déesses, dont Scipion de Gramont avait réglé la marche, tirée de la fable de Psyché. La musique était de l'organiste de La Barre:

POUR LA REYNE REPRÉSENTANT JUNON.

Celuy qui d'un clin d'euil fait trembler l'univers

Ne voyant rien d'esgal à mes appas divers,

Par son royal hymen les rendit plus augustes.

Peut-on rien désormais à ma gloire adjouster?

Qu'en dites-vous, mortels! lesquels sont les plus justes,

Ou les yeux de Pâris, ou ceux de Jupiter?

THÉMIS.