En s'entretenant de la sorte, les deux amis suivaient la route qu'avait prise la voiture de Lussanville. Ils s'arrêtent par hazard devant la maison qu'il occupait, et reconnaissent un des domestiques qui venait d'accompagner le jeune amant de Fanchette. Ils l'abordent pour l'intéroger: mais Lussanville était aimé de ses gens; ils ne s'entretenaient de leur maître que pour en dire du bien, et jamais pour médire de ses actions: celui-ci leur tourna le dos, sans leur répondre.
Les inconnus n'aprirent rien dans ce moment: mais l'un d'eux ne pouvait dissimuler la joie qu'il ressentait d'avoir trouvé la demeure de l'heureux amant avec lequel il ne doutait pas que ne vécût la jeune fille au pied mignon. Il se retira, dans la résolution de ne rien négliger pour découvrir quel est le sort de la belle dont il a ravi la jolie mule (et rien de plus galant que cette mule; elle était bleu céleste, garnie d'un rézeau en argent), il ne pouvait se lasser de considérer ce bijou, dont la vue allait jusqu'au fond de son cœur réveiller les desirs.
FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE.
SECONDE PARTIE
SECONDE PARTIE