Que chacun, au bruit accourant,
Crut qu'elle accoucherait sans faute
D'une cité plus grosse que Paris;
Elle accoucha d'une souris.
Mon but, dans cet ouvrage, n'est pas de peindre en grand; je laisse à mes maîtres, aux hommes célèbres, les grands tableaux. Je vole terre à terre: mes héros sont pris dans la médiocrité. Nos voisins à blonde (et souvent rousse) crinière, peuple que les clabaudeurs nomment féroce, et les gens sensés magnanime, les Anglais en un mot, traitent dans leurs ouvrages toutes les conditions avec un égal respect. Je sais qu'en France, séjour de la politesse et de l'urbanité, de la saine philosophie et de gens qui font de tres beaux discours sur la dignité de l'homme, on n'écrit sur le peuple, on ne l'introduit sur la scène que pour le ridiculiser. M. de Voltaire, dit le sage de notre siècle (J.-J. Rousseau), a le premier rendu respectable un vieux soldat dans Nanine. M. Sedaine n'a pas fait un personnage bassement plaisant de son Antoine, dans le Philosophe sans le savoir. Ce sont ces exemples que je suis. Quoi donc! ceux qui constituent la nation seront la fable du petit nombre d'ingrats qu'ils nourrissent! Quelle indignité! Après le roi, dans une monarchie; avant tout dans une république, ce qu'il y a de plus sacré, de plus respectable, de plus saint, c'est essentiellement le peuple et ses droits.
Cette note est du vieillard Kathégètes. Elle avait été rayée par l'auteuromane; la petite-maîtresse la restitua, pour se donner le ton philosophe.
[2] Un pied peut être beau, lorsqu'il est bien fait, sans être petit: beaucoup de femmes l'ont très joli, quoique grand. Il se trouve même des nations qui préfèrent les grands pieds, ils étaient en honneur chez les Cappadociens, et de nos jours ils sont estimés en Perse. La petitesse du pied, telle qu'on l'exige en Chine, serait un défaut.
On connaît des peuples, tels que les Sériens (dont le pays est entre le mont Imaüs et la Chine), qui préfèrent les pieds presque ronds.
Un petit pied, nu, blanc comme la neige, était un des charmes séduisants que les belles Grecques offraient aux regards d'un amant heureux.
Les Romains avaient les mêmes idées que nous sur la beauté de cette partie. Ovide dit à une maîtresse infidèle: «Quoique perfide, tu n'en es pas moins belle; ton PETIT PIED n'en est pas moins mignon.»