Turpiter ingenuum munera corpus emunt.
Ov. Heroïd.
[10] Il est du devoir d'un historien de faire connaître l'origine de ceux dont il doit beaucoup parler, lorsque leur famille est ancienne et fameuse. Celle des Apatéons réunit ces deux qualités. Sans remonter trop haut, et pour ne rien dire d'Ulysse le fripon et de Sinon le fourbe, il suffira d'avancer que Philippe de Macédoine, père d'Alexandre le Grand, en était un rejeton, ainsi que le dissimulé Tibère, le pape Sixte V, et beaucoup d'autres seigneurs, princes, rois, empereurs, czars, pontifes, califes, etc. Celui dont il est ici question descendait en ligne directe d'un fils d'Alexandre VI et de Lucrèce, qui ne fut jamais connu, et qu'on se contenta d'envoyer en France avec de grands trésors. Quant au nom, pris grammaticalement, il est grec: Απατεων (Apateôn), trompeur.
[11] C'était autrefois le sentiment des manichéens. C'est encore de nos jours celui de nos chanoines, de nos prieurs, et même de nos prélats, qui cependant ne sont pas manichéens.
C'est ainsi que l'élégant Ovide a dit:
...... Subit furtim lumina sessa sopor...
[13] Sed movet obrepens somnus anile caput.
Un historien peut montrer de l'érudition: on en dispense un feseur de romans: mais nous autres auteurs graves, nous devons gagner la confiance de nos lecteurs, voilà l'unique raison des citations que l'on trouvera dans cet ouvrage; car
Scire tuum nihil est, nisi te scire hoc sentiat alter.
Pers. sat. I.