— O mon ami! puis-je y tenter? et tâcher de mettre au moins une corne à ce gredin-là?

— Fais-y ce que tu pourras. Mais je doute du succès, avec ton poil gris. Il n'y a que les catins blasées, qui souffrent les barbons vigoureux et libertins; avec les pucelles sages, il faut être tendre; et tu as la figure d'un satyre, ou d'un réprouvé. Mais tente-z-y.

Après mon départ, Montencon essaya d'abord de la galanterie. Mais n'y gagnant rien, il culbuta Conquette à l'improviste sur le foutoir; et, comme il était vigoureux, il lui approcha, en la contenant d'une main, le vit des lèvres du con… Cependant il ne put l'enfiler; un coup de cul en arrière le débusquait… Il allait la menacer de la poignarder, lorsque je rentrai. Conquette se rajusta, sans marquer d'humeur. Je dis tout bas à Montencon:

— Le pucelage?

— C'est un diable! J'en serai réduit à me branler!

— Tu la foutras.

Nous nous mimes à table. Conquette parla comme à l'ordinaire à son vellivioleur, et rit même avec lui. Tout haut, devant moi, il lui demanda, d'où vient elle ne s'était pas laissée enconner?

— Fi donc! (répondit-elle). Eh! d'où vient l'aurais-je souffert?

— Parce que je bandais comme un carme.

— Vous parlez comme un Vitnègre…