Chapitre XXXII Du connin goûté.

— Voilà quel aurait été votre sort, Madame, dis-je à Conquette, si vous n'étiez pas décédée, et que vous fussiez restée l'épouse de Vitnègre.

Expressions qui étonnèrent tout le monde, hors ma fille, et les Brideconnin.

Cette lettre, qui avait été lue après le champagne, avait mis les jeunes gens en rut. On descendit au magasin, pendant que les hôtes serraient les débris du souper. Là, Traitdamour, demi-grisé, me dit, en me désignant ses camarades:

— Comment ces bougres-là peuvent-ils avoir une idée de notre bonheur, et de ce qu'est le connin de votre maîtresse, s'ils n'en tâtent pas?… Je n'entends nullement qu'ils y déchargent; mais seulement qu'ils y plongent rapidement leurs vits, pour en palper le satiné. Dès qu'un des enconneurs sera retiré, le mieux en état de nous deux, vous ou moi, achèvera Madame, et la fera décharger!

— Je le veux bien (répondis-je).

Cordaboyau, bandant roide, se présenta. Nous renversâmes ma fille sur le foutoir, nous la troussâmes, et nous déclarâmes que nous nous tenions prêts à le désarçonner, dès qu'il aurait senti le velouté de l'étroit connin de notre fouterie, et que le clignotement de ses yeux annoncerait l'éruption du foutre.

— En ce cas (s'écria le bougre), que l'une de ces trois garces se couche-là le con pommadé, pour que mon vit convulsivant s'y précipite et décharge!

On pommada Rosemauve. Cordaboyau enconna lentement Conquette, dont le satiné le fit se récrier… mais il plongea jusqu'au fond. On l'observait. Il clignota de l'oeil. Aussitôt Brisemote et Traitdamour l'enlevèrent comme une plume, en jurant:

— Le sacré bougre! il va partir…