Après les affaires, j'allai chez le futur fouteur de ma fille. Je le trouvai; je lui donnai un mot de Conquette-Ingénue, par lequel elle lui marquait que s'il avait un mot à répondre, il pouvait tout dire à son père… Je fus bien reçu. Le richard me dit qu'il demandait une maîtresse aimable, et qui sût donner, en foutant, bien du plaisir.
— Monsieur (lui répondis-je), ma fille a été mal mariée; elle peut vous appartenir, à condition qu'elle gardera son logement voisin du mien. Vous y mangerez, coucherez avec elle, sans que je m'en mêle. Quant à la volupté, et aux mouvements du cul ou des reins, un mari libertin ne lui a donné que de trop douloureuses leçons… Mais, en vous la livrant, je veux que son sort soit assuré, qu'il s'améliore même un peu chaque année… Je vous réponds d'être alors le gardien de sa fidélité. D'ailleurs, elle est sage. L'assurance d'un sort indépendant de son monstre de mari peut seule la déterminer.
Ceci convint fort! et la décision définitive fut remise après un voyage d'affaires et d'argent, dont il devait être de retour dans 8 ou 10 jours.
Je revins apporter ces nouvelles à ma Conquette-Ingénue.
— Mon papa, répondit-elle, pour peu qu'il me foute, vous me suffirez, vous et lui; vous serez mes deux pères. Je renoncerai même à votre beau secrétaire, si vous me promettez de n'enconner que moi! Où trouverez-vous un con qui vaille le mien?… Garde-moi tout ton foutre, comme tout ton coeur, ô le plus ribaud des papas!
Je vis qu'elle était jalouse, et je l'en aimai avantage. Mais j'étais encore trop libertin pour me borner à foutre uniquement celle que j'aimais le mieux.
La Brideconnin nous apporta de la limonade. Elle boitait de naissance, mais d'une manière voluptueuse. Elle était coiffée en cheveux, et, quoique grêlée, très provocante. Je le dis à ma fille. Conquette-Ingénue me répondit:
— Dès avant nos parties, son mari voulait me le mettre; mais il me déplaît. La femme a demandé, depuis qu'ils ont tout vu, à me gamahucher. Tous deux m'adorent. Je ne leur avais, jusqu'au boulevari d'hier, laissé baiser que mon pied. Le mari enconne sa femme dès que je le veux. C'est un amusement que je me donnais dans la semaine; je n'avais besoin que de m'asseoir en vue de Brideconnin, les jupes troussées jusqu'au mollet; il est tellement excité par ma mi-jambe et mon pied, qu'il se jette sur la putain, et la fout tant que je veux; en haussant toujours un peu la jupe. Enfin, s'il aperçoit un commencement la cuisse, il hurle de luxure. Un jour, trop échauffée par ce que je voyais, je me donnai de l'air au con, en le découvrant. Le fouteur s'est mis â braire, en fourgonnant avec fureur. Il déchargeait, refourgonnait, et allait se tuer, quand sa femme me regarda… Elle se hâta de décharger, et vint me baisser les jupes. Alors Brideconnin épuisé se trouva mal.
A ce récit de Conquette, je rebandais. Mais je me remis le vit et les couilles dans l'eau, et, bien rafistolé, je sortis sans finaler. Nous fûmes tous sages le reste de la semaine.
Chapitre XLVII Du rabachage à faire bandocher.