Nenni! Ta Volonté, c'est elle et nulle autre qui l'exécute: défends-lui d'accorder la victoire[349-1] à Siegmund!

WOTAN, en proie à une violente lutte intérieure.

Je ne puis l'abattre: il a trouvé mon Glaive!

FRICKA

Ote au Glaive sa vertu, brise-le aux mains de l'esclave; que son adversaire le voie sans appui! (Sur la hauteur, BRÜNNHILDE entonne la joyeuse clameur des Walküres, à laquelle FRICKA prête l'oreille; bientôt BRÜNNHILDE elle-même paraît, avec son cheval, sur le sentier de droite.) Voici ton intrépide enfant: c'est son cri de joie; elle arrive au galop par là.

WOTAN, d'une voix éteinte, à part.

C'est moi qui l'ai mandée, à cheval, et pour Siegmund!

FRICKA

Qu'aujourd'hui, sous son bouclier, s'abrite l'inviolable honneur de ton épouse! Raillés des hommes[349-2], déchus de leur majesté suprême, les Dieux iraient droit à leur perte, si d'une définitive, d'une éclatante manière, la vierge guerrière, aujourd'hui, ne vengeait enfin mon bon droit!—Mon honneur le réclame: le Wälsung doit périr!—Wotan m'en donne-t-il sa parole?