SIEGFRIED, ayant limé jusqu'au bout les tronçons, en a rassemblé la limaille dans un creuset, qu'il met au feu: il entretient, durant ce qui suit, la flamme, avec le soufflet de forge.
Hé, Mime, vivement: comment se nomme-t-il, le Glaive que j'ai pulvérisé?
MIME, sursautant, tiré de ses réflexions.
Nothung[447-1] est le nom de l'enviable Glaive: c'est ta mère[447-2] qui m'en a transmis la tradition.
SIEGFRIED, au travail[447-A].
Nothung! Nothung! enviable Glaive! pourquoi t'es-tu brisé jadis? Voici[447-3], j'ai réduit en paillettes ton acier, ton éclat d'acier: au creuset la limaille! au feu!
Hoho! Hoho!—Haheï! Haheï!—Souffle, soufflet!—Souffle le feu!—Dans la forêt croissait un arbre, j'ai rué bas l'arbre sauvage: du frêne brun, j'ai fait du charbon. Voici, sur le foyer le frêne est en monceau!
Hoho! Hoho!—Haheï! Haheï!—Souffle, soufflet!—Souffle le feu!—L'arbre en charbon, qu'il brûle fièrement! Comme il rutile clair et sublime! Il pétille, les bluettes jaillissent, il me fond ma poussière d'acier.
Hoho! Hoho!—Haheï! Haheï!—Souffle, soufflet!—Souffle le feu!—Nothung! Nothung! enviable Glaive! déjà fond ta poussière d'acier: tu nages dans ta propre sueur,—bientôt je te brandirai, mon véritable Glaive!