Juge, par là, s'il désire te conquérir pour femme!
(Il s'assied à l'entrée de la salle avec la lance et le bouclier. SIEGFRIED et GUNTHER partent.)[546-3]
GUTRUNE
Siegfried—mien!
(Elle rentre, tout émue, dans son appartement.)
HAGEN, après un assez long silence.
C'est donc ici moi qui suis de garde, assis en sentinelle, veillant sur le domaine, écartant du manoir l'ennemi:—c'est pour le fils de Gibich que le vent souffle; il part vers l'épouse qu'il désire. Un vigoureux Héros dirige pour lui la barre[547-1], va faire pour lui tête au péril, chercher pour lui sa propre femme, et la lui livrer sur le Rhin; mais moi j'aurai ma part aussi: l'Anneau, telle est la part qu'il me rapportera.—Libres fils, joyeux compagnons, voguez toujours, voguez gaîment! Si vil qu'il vous paraisse, ce n'en est pas moins vous qui le servirez—le fils du Nibelung[547-2].
(Un rideau se ferme sur la scène et dérobe la vue du théâtre. Lorsque, durant un bref interlude orchestral, le décor a été changé, ce rideau (auparavant drapé à l'avant-scène, qu'il encadrait) se rouvre et disparaît entièrement.)