[141-1] Nous verrons bientôt que le poème des Nibelungen constitue la première forme de cette tradition,—la première en date. Les Chants héroïques de l'Edda jailliront, plus tard, sous l'action d'un événement parallèle à celui de la chute de l'empire romain, et qu'ils exprimeront avec les mêmes symboles. Nous voulons parler des invasions danoises, du démembrement de l'empire carlovingien.

[143-1] Gibich, père des Gibichungen, dans le Crépuscule-des-Dieux.

[143-2] Hagene?

[144-1] Waldo, prince-abbé de Reichenau, fit copier douze chants en langue germanique, Duodecim Carmina Theodiscæ linguæ formata. Des recensions latines furent faites, toujours dans les couvents (surtout en Saxe, semble-t-il), d'autres chants teutoniques, de celui, par exemple, dont un poète se servit pour composer la Klage, qui est un résumé de la légende des Nibelungen: sans doute aussi du chant qui a fourni à l'Edda le Gubdrunarkant, Gudrune sauvée des eaux, et qui raconte la mort de Swanhilde, fille de Sigurd et des Gudrune, écartelée sur l'ordre de son époux, le roi goth Airmanarecks (Hermanaric). Fulco, archevêque de Reims, édifia de cette légende Charles le Simple, à propos de telle circonstance de la vie de ce roi, qui aurait présenté des analogies avec les traditions relatives au roi goth. Ce clergé mi-barbare prenait ses textes de sermons aussi bien dans les vieilles légendes abruptes, dont son sang roulait le souvenir, que dans les Ecritures mêmes. N'étaient-elles pas un peu pour eux, ces légendes, aussi les Ecritures?

[147-1] Cf. Guillaume de Jumièges, Historia Northmannorum, I. C. 5.—Saxe Grammaticus, Historia Danica, L. IX—Sagan af Ragnari Lopbrock, C. I. Stockholm, 1737.

[147-2] Sigurd Ier (1103-1130), Sigurd II (1136-1155), Sigurd III (1162-1163).

[148-1] Dans l'imagination du temps, ces deux noms: Hermanaric et Théodoric, semblaient s'appeler l'un l'autre; ils se trouvent réunis (malgré l'énorme écart chronologique: Hermanaric, an 336; Théodoric an 455), dans divers chants barbares, dans le Chant d'Hildebrand et d'Hadubradt, entre autres, mentionné, je crois, pour la première fois, en France, par J.-J. Ampère. «Dans ce chant, dit Ampère, Théodoric, selon la légende et non pas selon l'histoire, avait été forcé de laisser son royaume aux mains d'Hermanaric, qui, à l'instigation d'Odoacre, s'en était emparé. Le héros fugitif avait trouvé un asile chez le roi des Huns, Attila.»

[148-2] Cf. Gudrune sauvée des Eaux et le Chant de Hamdir.

[149-1] C'est, très probablement, après Charlemagne, et à son exemple, que les Moines recueillirent les poésies barbares, en même temps que ce groupe de récits qui contiennent tout le légendaire carlovingien: la Chronique de Turpin (Roland à Roncevaux); les Cantilènes héroïques; le Chant de Fontenay; la Captivité de Louis II à Bénévent (Dissolution de l'empire carlovingien); la Chronique du Moine de Saint-Gall (Cycle de Charlemagne); la Chronique de l'Abbaye de Saint-Amand (Invasions northmannes).

[150-1] Deux travaux allemands sur Hincmar. (Revue des Questions historiques.)