[257-1] «Thor» (Donner), résume l'Edda de Snorro, «...possède trois objets précieux: le Marteau Mjœllner, connu... des Géants de Montagne, car il a brisé bien des têtes parmi eux...» Les chants de l'Edda de Sœmund sont remplis, en effet, de passages pareils à celui-ci... : «Il (Thor), lança Mjœllner, et tua toutes les baleines des montagnes,» c'est-à-dire les Géants (Le Poème de Hymer, 35.) Le même chant surnomme Thor «la douleur des Géantes» (14), etc.—«Le carreau de feu jaillissant du ciel,» commente Carlyle, «c'est le Marteau, brisant tout, lancé de la main de Thor.» (Les Héros, trad. Izoulet-Loubatières, p. 30.)
[257-2] «Les Ases ayant acquis la certitude qu'ils avaient reçu chez eux un géant de montagne, n'eurent plus aucun égard aux serments qu'ils avaient faits. Ils appelèrent Thor qui vint de suite, et acquitta la dette contractée pour la construction du château: le géant ne retourna point à Jœtenhem. Du premier coup, Thor lui brisa le crâne.» (Edda de Snorro.)
[257-3] Ou: «Sauvage!»
[258-1] Loge est, en effet, le Dieu du Feu.
[258-2] Allusion au poème du Voyage de Skirner, qui raconte, en l'Edda de Sœmund, l'épisode, repris par Snorro, de l'amour de Frey pour la géante Gerd.
[258-3] Thor (ou Donner) et Frey (ou Froh) ont, dans les Eddas, chacun une demeure: celle du premier s'appelle Bilskirner; «c'est le plus vaste édifice élevé par la main des hommes» (Edda de Snorro; Poème de Grimner.) Celle de Frey a pour nom Alfheim (séjour des Alfes lumineux).
[258-A] On peut considérer le thème de Loge, qui paraît ici (partition, page 77), comme appartenant au groupe des Motifs élémentaires. Son dessin chromatique, félin, sifflant, et, avec cela, torrentiel, donne une idée de végétation, mais de végétation à la fois pétillante et sournoise.
[259-1] «Le château était très avancé, tellement élevé et si fort, que personne n'aurait pu l'attaquer.» (Edda de Snorro.)
[259-2] «Il y a... un Ase, nommé, par quelques Skaldes, le détracteur des dieux... On le nomme Loke.» (Edda de Snorro,) Loke (ou Loki) présente en effet ce caractère dans l'un des poèmes de l'Edda de Sœmund intitulé Le Festin d'Æger, ou Chant diffamatoire de Loke (Lokasenna), œuvre, dit Léouzon-le-Duc, de quelque païen à demi converti, ou de quelque sceptique de mauvaise humeur, et l'une des pages les plus apocryphes de ce recueil.—Wagner, dont l'une des fins (secondaire) a été de synthétiser sans omission, par tel détail de mise en scène, telle parole du texte, tel geste parfois, toute la mythologie cosmogonique et théogonique septentrionale des Germains et des Scandinaves, s'est gardé de négliger cet aspect du personnage.
[259-3] «Alors les Ases secouèrent leurs boucliers, coururent sur Loke en criant, et le chassèrent vers la forêt; puis ils revinrent au festin. Loke retourna également sur ses pas... Loke entra dans la salle; quand tous ceux qui s'y trouvaient l'aperçurent, ils gardèrent le silence. LOKE chanta: Lopter est altéré; il vient de loin pour demander aux Ases une rasade du limpide hydromel. Comment se fait-il, dieux, que vous vous taisez si tristement? vous ne pouvez plus parler? Indiquez-moi un siège et une place au festin, ou chassez-moi. BRAGE chanta: Jamais les Ases ne te donneront un siège ni une place au festin: ils savent quels sont les hôtes qu'on peut inviter à la fête joyeuse. LOKE chanta: Odin, te souviens-tu des temps anciens? nous avons alors mêlé notre sang: tu juras de ne jamais boire une rasade, s'il n'y en avait pas autant pour moi. ODIN chanta:... Le père du loup (c'est-à-dire Loke) aura une place au festin, afin qu'il ne nous adresse point d'invectives dans la demeure d'Æger.» (Le Festin d'Æger, dans l'Edda de Sœmund.)