[275-1] Ce heaume magique n'est autre chose que la Tarnkappe, le capuchon ou chaperon magique, investi de semblables vertus, et dont maintes légendes, maints poèmes, y compris le Nibelunge-nôt, attribuent à des nains, des dvergues, etc., la précieuse possession plus ou moins provisoire: «J'ai entendu parler de nains sauvages qui habitent les cavernes et qui portent pour leur défense une chose merveilleuse, la Tarnkappe. Celui qui la porte sur lui est parfaitement à l'abri des coups et des blessures. Nul ne voit la personne qui en est revêtue; elle peut entendre et voir, mais nul ne l'aperçoit. Sa force aussi en devient beaucoup plus grande. Ainsi nous le disent les traditions.» (Nibelunge-nôt, trad. Laveleye, VI, p. 57)
[276-1] «Alberich portait cotte de mailles et heaume, et, dans sa main, un pesant fouet d'or.» (Nibelung-nôt, VIII, 78.)
[277-1] On pense à la baguette divinatoire de coudrier. Au sujet de cette vertu de l'Anneau, voir ci-dessous p. 289. note (1).
[278-1] C'est surtout en ce passage que Wagner s'est souvenu des paroles prêtées par Raupach à Eugel, roi des Nibelungen, dans le drame du Trésor des Nibelungs (1834). Je ne crois pourtant pas que ces réminiscences aient jusqu'ici frappé personne. «EUGEL: On nous appelle les Nibelungs; depuis les premiers temps nous habitons au sein de ces rochers; toujours nous avons pris plaisir à porter ici, dans la nuit, tout ce qui brille, métal ou pierrerie, et à en façonner des objets précieux. C'est ainsi que fut amassé ce trésor. Le géant Hreidmar en eut connaissance; il passa la mer et vint ici se rendre maître de nos richesses et nous réduire nous-mêmes en servitude. Dès lors esclaves, nous fûmes obligés de faire, avec effort, ce qui, jusque-là, avait été un plaisir, et jour et nuit, souvent maltraités, il nous força d'augmenter incessamment ce funeste trésor.» (Prologue, scène III) Peut-être signalerai-je ailleurs d'autres analogies frappantes. Mais du reste, il n'est pas inutile d'ajouter que Raupach lui-même s'est servi de maintes sources, notamment du Hœrner Siegfried (ou Lied vom hürnen Siegfried, ou Siegfriedslied), etc.
[279-1] Les Dieux germaniques, comme les Dieux d'Homère, ont un rire tout particulier dont parle Grimm, Deutsche Mythologie, article Lachen. On pourra voir ce rire, plus loin, bafouer la plainte éplorée des Filles-du-Rhin. Qu'on se rappelle plus tard, lisant la Walküre, cette cruauté presque ingénue. Dans la Tétralogie, rien qui ne s'enchaîne ainsi.
[279-2] Voir la note ci-dessus.
[280-1] Je ne puis pas m'empêcher de m'imaginer que Wagner, spécialement à l'époque où fut écrit ce poème (fin de 1852), songeait à la misère sociale des mineurs d'Allemagne—et d'ailleurs. Le Nibelung, qui renonce à l'Amour pour avoir l'Or, n'est-il pas vrai que nous le connaissions,—ainsi que son nocturne troupeau,—avant d'avoir lu L'Or-du-Rhin? Sans doute, il y a bien d'autres choses, et de plus grandioses, et de plus terribles, et surtout de moins particulières, dans ce rôle synthétique d'Alberich. Mais j'ai de bonnes raisons de croire qu'il s'y trouve aussi cela.
[281-1] J'ai déjà rappelé que Loge est le Dieu du Feu.
[281-2] «Sur les cimes nébuleuses, les Dieux habitent Walhall. Ce sont des Alfes-de-Lumière,» dit à Mime, dans le drame de Siegfried, Le Voyageur (acte Ier).—Sur les Alfes en général, voir la note (1) de la p. 434.—Cf. aussi p. 233, note (2).
[283-1] Littéralement: «De même que moi j'[ai] renoncé à l'Amour,—Tout ce qui vit» (ou: «vivra»)—«Devra y renoncer.» On saisit la nuance qu'implique ce mot-à-mot, et pourquoi il me faut le noter.—En effet, tous les personnages, consciemment ou inconsciemment, jusqu'à l'Acte libérateur qui conclut L'Anneau du Nibelung, subiront cette fatalité, bientôt corroborée (dans la «Scène» quatrième) par la Malédiction supplémentaire du nain.—Cf. ci-dessus la note (1) de la p. 242.