(WOTAN reste debout, muet, en proie à une lutte intérieure; les autres Dieux, fixant sur lui leurs regards, attendent en silence[267-2].—Cependant FAFNER, à l'écart, s'est concerté avec FASOLT.)

FAFNER

Crois-moi, plus que Freya l'Or qui brille est utile: c'est l'éternelle Jeunesse également qu'il s'assure, quiconque lui fait violence grâce aux prestiges de l'Or. (Ils se rapprochent des Dieux.) Ecoute, Wotan, c'est notre dernier mot[268-1]: que Freya se rassure et vous reste; j'ai découvert, pour sa rançon, une rétribution plus légère: à nous, grossiers Géants, l'Or du Nibelung suffit, l'Or rouge.

WOTAN

Êtes-vous fous? ce que je ne possède point, impudents, puis-je vous en faire don?

FAFNER

Ce fut une très rude tâche de construire ton Burg, là: c'en est une très simple, pour toi, d'employer contre le Nibelung cette adresse, unie à la force, et faute de quoi, toujours, sont demeurés inutiles tous les efforts de notre haine.

WOTAN

Moi, pour votre compte, m'attaquer à l'Alfe? Moi, pour votre compte, prendre votre ennemi? Niais que vous êtes! votre extravagante impudence abuse, aussi, de ma gratitude!

FASOLT, soudain, saute sur FREYA, et l'entraîne à l'écart avec l'aide de FAFNER.