LA VOIX D'ALBERICH, ricanant:
Merci pour ton œuvre, imbécile! Elle fait son office à merveille.—Hoho! Hoho! les Nibelungen, courbez-vous sous Alberich, tous! Partout, partout il sera présent, désormais, pour vous surveiller; plus de repos pour vous, plus de répit pour vous; c'est pour lui que vous peinerez, et vous ne le verrez point; quand vous ne le verrez point, tremblez qu'il ne survienne: vous êtes, à jamais, ses esclaves! Hoho! hoho! l'entendez-vous? il approche, le Maître-des-Nibelungen!
(La colonne de brouillard s'évanouit au fond: on entend, de plus en plus loin, gronder la fureur D'ALBERICH; du fond des gouffres lui répondent des hurlements, des plaintes, des cris, qui s'assourdissent bientôt pour se perdre, à la fin, dans un lointain toujours plus vague.—De douleur, MIME s'est affaissé: ses soupirs, ses lamentations sont entendus de WOTAN et LOGE, qui se laissent glisser du haut d'une crevasse supérieure.)
LOGE
C'est Nibelheim, nous y voici: au travers du brouillard livide, quelle palpitation d'étincelles!
WOTAN
On gémit haut ici: qu'est-ce qui gît sur la roche?
LOGE se penche vers MIME.
Quelle merveille pleures-tu là?