Par ici!—Là!—Héhé!—Hoho! Foule fainéante, en tas, le Trésor! Toi, là, en haut! Veux-tu marcher? Tourbe infâme, à bas l'Or forgé! Dois-je vous aider? Tout de ce côté! (Il aperçoit, tout à coup, WOTAN et LOGE.) Hé! qui est là? Qui a pénétré jusqu'ici?—Mime! approche, misérable drôle! Aurais-tu jacassé avec ces deux rôdeurs? Fainéant! veux-tu bien, tout de suite, aller travailler et forger? (Il pousse MIME dans la foule des NIBELUNGEN, à coups de fouet.) Hé! au travail! Tous hors d'ici! En bas, vivement! Tirez-moi l'Or des nouvelles mines! Et fouillez sur l'heure! sinon, le fouet! C'est Mime qui me répond de votre zèle, sous peine de sentir le branle de mon bras: que je suis présent partout, là où nul ne s'en doute, il le sait assez, j'imagine!—Allez-vous rester là? Partirez-vous bientôt? (Il retire son Anneau, le baise, et l'étend d'un air menaçant.) Troupeau d'esclaves! obéissez au Maître de l'Anneau, et tremblez!
(Avec des hurlements, des cris aigus, les NIBELUNGEN (et MIME parmi eux) se dispersent, et se glissent de toutes parts, en bas, dans les puits et les mines.[280-1])
ALBERICH, marchant sur WOTAN et LOGE, avec colère.
Vous, que cherchez-vous ici?
WOTAN
A croire les contes qu'on nous faisait sur le ténébreux Nibelheim, Alberich y réaliserait de puissants miracles: c'est pour en assouvir notre curiosité que nous sommes venus, en visiteurs.
ALBERICH
C'est la haine et l'envie, sans doute, qui vous amènent à Nibelheim: d'aussi téméraires visiteurs, croyez-moi, je les connais fort bien.
LOGE