(À Senta.)
Fais qu'il te garde sa tendresse,
Un tel bonheur n'est pas fréquent.
(Au Hollandais.)
Restez donc seuls, moi je vous laisse.
Son front est pur, son cœur constant.
(Daland s'éloigne lentement en les considérant tous deux avec complaisance. Le Hollandais et Senta restent seuls. Ils demeurent immobiles.)
SCÈNE V
SENTA, LE HOLLANDAIS.
LE HOLLANDAIS.
Du temps passé, comme un lointain mirage,
Son seul aspect vient m'émouvoir.
Telle souvent m'apparut son image,
Telle à présent j'ai cru la voir.
Combien de fois mes yeux sur une femme
Se sont levés dans un ardent désir!
Car à mon cœur Satan laissa sa flamme
Pour redoubler les maux qu'il doit souffrir.
Le sombre feu qui toujours me dévore,
Du nom d'amour l'appellerai-je encore?
Oh! non! plutôt du salut c'est l'espoir!
À ce cœur pur puisse-je le devoir!
SENTA.