- Quelle punition puis-je vous imposer? lui demanda-t-elle doucement, - avec un sourire dans le regard. Crois-moi, continua Zomiofalski, - je te respecte, je te vénère. Il y a peu de temps que je te - connais, mais tu es une femme supérieure; on en trouverait peu - comme toi dans les palais, on n'en trouverait pas une sous le - chaume. Je t'aime, Mardona, et je te respecte.

- Dites-vous la vérité?

- Je te le jure.

- C'est bien, je vous crois, dit Mardona. Maintenant, agenouillez-vous et adorez en moi Dieu, que je représente. »

Zomiofalski la regarda, très surpris.

« Vous ne croyez pas à ma mission, seigneur?

- Mardona! c'est à toi que je crois, s'écria Zomiofalski frappé subitement par la majesté de la jeune paysanne et par son calme triste. Oui, je crois à toi, et, si tu l'ordonnes, je me mettrai à genoux, dans la poussière, à tes pieds.

- Et vous croirez à ma mission divine si je vous l'ordonne? » continua-t-elle d'une voix grave.

Zomiofalski essaya de l'entourer de ses bras, mais Mardona le repoussa, froidement digne.

« Vous agissez avec moi comme avec une femme ordinaire, seigneur, dit-elle. Je représente Dieu sur la terre. C'est lui que vous devez adorer en moi et vénérer. Allons, seigneur, humiliez-vous devant votre Créateur, bien bas, le front à terre. Vous pouvez me baiser les pieds aussi. Cela témoigne d'un plus grand respect. »