- Quel entêtement! quelle morgue tu as tout d'un coup! continua Mardona. Je ne te reconnais pas. Et tu affirmes que c'est la sagesse qui parle par ta bouche! Tu es possédé du diable, Sabadil! »

Il se mit à rire aux éclats.

« S'il en est ainsi, exorcise-moi, élue du Très-Haut, Vierge toute-puissante, reine des saints et des anges.

- Oui, Sabadil, telle est aussi mon intention », repartit Mardona.

Elle se leva, lente et majestueuse, drapée dans sa pelisse noire, qui lui tombait jusqu'aux pieds. Les sequins d'or qui ornaient sa poitrine scintillaient avec un cliquetis.

Elle étendit le bras.

« A genoux, pécheur!

- Je ne m'agenouillerai pas devant toi. »

Mardona le regarda avec plus de pitié que de colère.

« Tu t'agenouilleras devant moi cependant, reprit-elle avec une sûreté qui le troubla, quoique d'une voix très douce.