Lorsque la cérémonie fut terminée, Mardona se leva, prit Sabadil par la main et le conduisit au milieu des vieillards.
« Je vous amène un nouveau frère, leur dit-elle d'une voix douce. Accueillez-le bien, estimez-le et l'aimez! »
Le doyen donna la main à Sabadil et l'embrassa. Tous les membres de l'Eglise suivirent son exemple. Ils s'éloignèrent ensuite, tranquillement et graves, comme ils étaient venus.
Sabadil hésitait, le regard baissé. La main de Mardona se posa sur son épaule avec une tendre pression.
« Qu'as-tu, Sabadil? demanda la sainte fille.
- Toi, Mardona, tu ne m'as pas donné de baiser, murmura-t-il d'une voix émue.
- Maintenant tu fais partie de notre secte, répondit-elle. Tous t'ont salué comme leur frère. Je ne suis pas ta soeur, Sabadil, ne l'oublie pas. »
Mardona se tenait au milieu de la salle, grande et forte. Elle était vêtue d'une robe bleue à larges plis. Ses cheveux étaient noués dans un foulard blanc. Elle souriait, et ce sourire adoucissait sa physionomie, la rendant plus séduisante encore.
- Mais je ne t'aime pas comme une soeur! s'écria-t-il. Mardona, je t'en conjure, renonce à ta position! Elle ne te rend pas heureuse. Sois à moi, Mardona, deviens ma femme!
- Jamais, Sabadil!