- Qu'as-tu à répondre? demanda Mardona à l'accusée, qui se tenait là toute rouge et horriblement embarrassée.
- Je l'ai dit,… j'étais en colère.
- Même dans la colère nous devons respecter notre prochain et le vénérer comme l'image de Dieu, s'écria Mardona. Demande pardon à ta compagne, à l'instant même; agenouille-toi, et fais pénitence. »
La pécheresse vint tomber aux genoux de son ennemie et lui demanda pardon. Puis les deux femmes s'embrassèrent. En retournant à leurs places, elles furent bousculées par un paysan qui traînait par la manche un jeune homme pâle, aux traits décomposés, devant la chaise de leur juge.
« En voilà un qui m'a volé une faux, commença le paysan.
- Point du tout, mon petit père, je l'avais seulement empruntée.
- Tu l'as volée! cria le paysan. Durant mon absence tu t'es introduit dans ma chaumière, et tu m'as enlevé ma faux!
- Empruntée, petit père, empruntée, répéta le jeune homme, très effrayé.
- Tu l'as volée, s'écria le plaignant, car, lorsque j'ai envoyé Jur chez toi… Jur, c'est mon fils… tu lui dis….
- Jur n'est pas venu chez moi.