- Où est Jur? » demanda Mardona.
Un jeune gars s'avança.
« J'ai été chez lui, petite mère, et je lui ai dit que ce ne pouvait être que lui qui avait pris notre faux, et qu'il eût à nous la rendre. Il s'est mis à rire et m'a répondu: « Je n'ai pas votre faux », et il ne nous l'a pas encore rendue.
- Nieras-tu encore? » demanda Mardona à l'accusé.
Le malheureux tremblait de tous ses membres. Il resta muet.
« Je décide que tu as volé, continua Mardona et que tu subiras la peine des voleurs. Tu vas rendre immédiatement à son propriétaire la faux que tu lui as dérobée. Et-toi, dit-elle en se tournant vers le plaignant, garrotte-le, conduis-le chez toi et fouette-le d'importance. »
Elle prit un knout posé par terre près d'elle et le tendit au paysan.
« Donne-lui-en cinquante coups, pas un de plus, tu m'entends? »
Le larron soupira, mais n'opposa aucune résistance. On le garrotta et on l'emmena. Quelques minutes se passèrent. Personne ne se présentait.
« N'y a-t-il personne ici qui se sente coupable ou qui ait à se plaindre d'une injustice? » demanda Mardona.