Personne ne répondit.

« Dans ce cas, je nommerai moi-même ceux dont j'ai à me plaindre et qui ont irrité l'Eternel par leur conduite, continua la mère de Dieu. Où est Barabasch? »

Barabasch tressaillit vivement, mais il se contint, s'approcha de Mardona et s'agenouilla devant elle, la tête basse, un peu pâle, mais d'apparence calme.

« Tu as désobéi, dit Mardona d'un ton glacial. Tu t'es, malgré mes fréquents avertissements, révolté souvent contre mes décrets. C'est un grand péché, Barabasch. Car ma volonté est la volonté divine. Te repens-tu de cette faute? »

Barabasch se frappa la poitrine à trois reprises.

« Je me repens! je me repens! je me repens! bégaya-t-il.

- Je te pardonne, dit Mardona en le baisant au front. Mais le salut de ton âme exige que tu t'humilies et que tu fasses pénitence. Ta fierté, ton orgueil doivent être traînés dans la fange. Tu vas te coucher le visage contre terre en travers de la porte, près du seuil, et ceux qui entreront, comme ceux qui sortiront, te fouleront aux pieds. »

Barabasch se leva, marcha en chancelant vers la porte et se jeta sur le carreau, couvrant de ses deux mains son visage désolé et honteux.

Tous ceux qui entraient ou sortaient devaient passer sur lui. Sabadil remarqua que la plupart des hommes évitaient, en sortant, de le toucher du pied, tandis que les femmes, au contraire, foulaient son corps de leurs lourdes bottes, sans aucune pitié, la douce et belle Sofia, aussi bien que la pétulante Wewa, qui l'écrasa si brutalement, qu'il se tordit à son passage comme un ver, ou comme un malheureux condamné à périr foulé sous les pieds des éléphants.

« Où est Sukalou? demanda Mardona, tandis qu'un sourire malicieux éclairait ses yeux et entr'ouvrait ses lèvres roses.