Le jeune homme s'était jeté à ses pieds et levait la pantoufle d'un air suppliant.
—Mais, mon Dieu, que faites-vous donc?
Au même instant, la porte s'ouvrit, on perçut un froissement de jupes, Babette poussa un cri et le Polonais, bondissant sur ses pieds, demeura comme pétrifié.
La Schrœder venait de paraître sur le seuil. Elle portait encore le bandeau tissé d'or autour de sa tête et le péplum blanc de Sapho. Elle n'avait quitté que son manteau, le remplaçant par sa chaude pelisse.
Sophie se présentait la tête haute, dans toute sa majesté, ses formes opulentes et son bras robuste entourés de la sombre fourrure, comme sur l'image fameuse que nous possédons d'elle.
Un regard, un éclair de ses yeux qui eut relégué dans l'ombre toutes les impératrices et les princesses régnantes que les Viennois avaient eu récemment le loisir d'admirer au grand Congrès, et le jeune enthousiaste se trouva à genoux.
Elle fit deux pas en avant et s'arrêta, comme une souveraine devant un esclave qui s'est attiré le plus terrible châtiment. Les yeux de la tragédienne le fixèrent un moment, puis, se tournant vers Babette:
—Que se passe-t-il? questionna-t-elle. Comment Monsieur se trouve-t-il dans ma demeure? et qui l'a autorisé à y pénétrer?
M^lle Babette, rouge jusqu'aux oreilles, se tenait, les jambes tremblantes, comme une pécheresse.
—Il ... je ... parce que ... balbutia-t-elle.