- Certainement. J'apprécie à sa valeur tout l'honneur de votre aimable permission.
- Ce que vous pouvez faire de mieux, dit le jésuite en s'adressant à Anitta, c'est de proclamer mon cher comte votre Maître de plaisir. Personne n'approche de lui pour arranger des fêtes.
- Vraiment?
- Je me mets entièrement à votre disposition, mademoiselle."
Après avoir parcouru le jardin, ils regagnèrent tous ensemble la maison. M. Oginski était encore absent, en vertu d'une combinaison de sa femme, pour que le comte ne fût pas forcé de causer avec lui. Mme Oginska proposa une partie de dominos au jésuite, et pria Livia de se mettre au piano. Soltyk resta ainsi seul avec Anitta dans un coin à moitié sombre. Il fit des efforts inutiles pour l'amener à parler; à côté de lui elle se sentait gênée et intimidée, et ne fut vraiment à son aise qu'au moment où il partit.
"Elle est merveilleusement jolie, dit Soltyk, lorsqu'il se retrouva dans la voiture à côté du jésuite, mais elle est encore remarquablement timide, pour ne pas dire peureuse.
Elle a entendu trop parler de vous, mais cela ne peut que vous être utile; les hommes que les femmes aiment le plus facilement sont ceux dont on leur dit de se méfier."
"Eh bien! que dis-tu de Soltyk? demanda Mme Oginska à sa fille quand elles se trouvèrent seules.
- C'est un bel homme."
Mme Oginska la menaça du doigt en souriant.