- Une autre fois, mon enfant, répondit le père, aujourd'hui le comte
Soltyk est venu; il désire vous être présenté."

Déjà Mme Oginska et le comte approchaient.

"Voici ma fille, dit-elle avec des yeux rayonnants; le comte Soltyk désire faire ta connaissance… mais quel air tu as, avec les cheveux ébouriffés et les joues rouges comme celles d'une paysanne!"

Anitta se tenait debout, la tête baissée, devant Soltyk; elle respirait avec une certaine gêne sous la fourrure de sa kazabaïka, et ses mains serraient fortement le cerceau avec lequel elle venait de jouer.

"Je suis bien heureux de faire votre connaissance," dit le comte.

Anitta jeta un regard craintif du côté de sa mère. Celle-ci avait pris la bras de Glinski et proposait au comte de faire la visite du jardin. Soltyk était tout disposé et il suivit avec les deux jeunes filles la maîtresse de maison qui avait pris les devants.

"On ne vous a pas encore vue jusqu'à présent, mademoiselle, dit Soltyk reprenant la parole; vous semblez fuir nos réunions.

- J'étais hier au théâtre, pour la première fois, répondit Anitta, c'était très joli, n'est-ce pas? J'irai probablement aussi à un bal.

- Ce serait uns injustice de la part de vos parents que de vous dérober à nous, continua Soltyk.

- Anitta est encore si jeune! dit la mère en se mêlant à la conversation, elle a bien le temps de faire connaissance avec le grand monde. Mais j'espère que maintenant vos visites seront moins rares, monsieur le comte.