- On vous a affligé?
- Non, pas du tout.
- On vous a affligé, offense, trahi; je sais tout."
Zésim haussa les épaules en souriant amèrement.
"Aimez-vous réellement cette jeune fille? continua Dragomira, je ne sais pas, mais elle me semble bornée, enfant et assez peu spirituelle, bref, insignifiante.
- Pardonnez-moi si je ne vous réponds pas là-dessus.
- Vous avez raison, et cela vous fait honneur de ne vouloir rien dire de défavorable au sujet d'une dame pour laquelle vous avez un sentiment; mais sa conduite à votre égard, sa conduite seule suffit pour le ma faire condamner."
Zésim garda le silence.
Dragomira le regarda et lui tendit la main.
"Je vous comprends, Zésim, et je vous promets de ne plus vous dire un mot de cette affaire; mais ne vous abandonnez pas ainsi, arrachez courageusement le trait de votre blessure, et elle guérira, elle guérira plus vite que vous ne le pensez et ne l'espérez. Je veux essayer de vous consoler. Il y eut un temps où vous restiez volontiers près de moi.