- As-tu un logement?
- Je demeurerai chez une vieille tante, qui a une petite maison. Je serai bien gardée; mais c'est justement à cause de cela que j'aurai encore besoin de la protection d'un homme. Veux-tu être mon chevalier?
- Tu me le demandes? s'écria Zésim. Oh! comme tout à coup le monde me paraît beau! Comme l'avenir est riant! Je me réjouis comme un enfant de ces intimes soirées d'hiver passées avec toi devant la cheminée.
- Tu seras content de moi, dit Dragomira, mais promets-moi de ne pas troubler le repos de mon âme.
- Je m'efforcerai d'être aussi froid que toit.
- Je ne suis pas froide; et toi, tu ne dois pas être froid, pas plus que tu ne dois être ardent. Une douce chaleur, voilà la plus agréable température."
Au souper, Dragomira leva son verre et but à Zésim! à l'avenir! Quand vint le moment du départ, Dragomira demanda sa jaquette de fourrure, qui était restée dans la calèche; Zésim la lui apporta et l'aida à s'en revêtir. Puis il mit la mère et la fille en voiture et recommanda au cocher d'être bien prudent.
"Alors, à après-demain, dit Dragomira, dans l'après-midi; je viendrai te prendre.
- Si tu veux."
Elle sortit encore une fois de la manche d'épaisse fourrure parfumée sa petite main blanche et tiède et la lui tendit; et quand il l'eut serrée avec tendresse, elle lui dit en souriant: