- Bien; admettons que j'y consente. Comment voulez-vous, dans l'espace d'une heure, prendre toutes les dispositions nécessaires?
- Il n'y a aucune disposition à prendre, répondit Soltyk, dites-moi seulement que vous renoncez enfin au jeu cruel que vous jouez; dites que vous exaucez mes voeux les plus ardents, que vous consentez à me prendre pour époux, et le chapelain du château va nous unir à l'instant même.
- Je suis prête, dit Dragomira en attachant sur le comte un regard ferme et calme.
- Ne plaisantez pas, je vous en conjure.
- Je ne plaisante pas, continua Dragomira, je veux au contraire que vous donniez immédiatement les ordres nécessaires. Je veux dans un quart d'heure être comtesse Soltyk, et, en descendant de l'autel, monter aussitôt en traîneau et partir avec vous.
- Dragomira! Je n'y puis croire! s'écria le comte en se jetant à genoux devant elle. Vous… vous êtes à moi et pour toujours!…
- Pas un mot de plus, hâtez-vous: faites venir le chapelain, ordonna
Dragomira en repoussant le comte, relevez-vous; obéissez."
Soltyk sonna, donna ses ordres à son valet de chambre de confiance, qui était accouru en hâte; puis il retourna aux pieds de Dragomira, qui maintenant lui sourit d'un air gracieux.
"C'est pourtant beau d'être ainsi aimée, murmura-t-elle, surtout quand on garde soi-même sa tête bien froide.
- Alors, vous ne m'aimez pas?