Puis elle partit en secouant tristement la tête. Dragomira ferma la porte au verrou, prit les papiers que l'apôtre lui avait remis, brisa le cachet et les lut. Quand elle eut fini, elle les jeta un à un dans la cheminée et ne les quitta pas du regard, jusqu'à ce que les flammes eussent tout dévoré.

VI

LA VESTALE

La nature, c'est le péché. FAUST (2e partie).

Dragomira se leva le lendemain de bonne heure et écrivit d'abord une lettre à sa mère, puis un billet de deux lignes au commissaire de police Bedrosseff, l'ami de son père. Cela fait, elle sonna; Cirilla apparut, lui baisa la main et apporta le déjeuner. Quelques minutes plus tard arriva aussi le vieux serviteur qui avait déchargé les bagages. Il avait une livrée. Ses yeux rusés erraient sans cesse tout autour de la chambre.

"Comment te nommes-tu?

- Barichar, pour vous servir.

- Occupe-toi de faire parvenir cette lettre au commissaire de police, dit Dragomira en lui tendant le billet parfumé.

- Ce sera fait, maîtresse."

Barichar se glissa vers la porte, sans faire de bruit, le dos un peu voûté comme un chat.