"Pitié, dit-il d'une voix suppliante.

- Te soumettras-tu?

- Oui.

- Es-tu disposé à t'humilier?

- Oui."

L'Apôtre ordonna de le détacher. Quand Soltyk fut là devant lui, le regard abaissé vers la terre, les mains liées derrière le dos, ce n'était plus que l'ombre de cet homme si fier que Kiew admirait autrefois.

"La pénitence que nous imposons de force, continua l'Apôtre, n'a pas la valeur de la soumission volontaire aux ordres de Dieu. Penses-y bien. L'humilité me semble être pour toi une pénitence incomparablement plus grande que n'importe quelle terrible torture. Je veux voir si tu es capable de dompter ton orgueil au point de t'humilier devant moi de ta pleine volonté. Si tu le fais avec joie et enthousiasme, tant mieux pour toi et pour le salut de ton âme!"

On débarrassa Soltyk de ses chaînes.

"Viens ici, dit l'Apôtre avec un froide majesté et semblable dans sa longue pelisse à un despote asiatique assis sur son trône, je suis à la place de Dieu et tu dois te prosterner devant moi, pauvre pécheur."

Soltyk hésita un instant, puis se jeta à genoux devant le prêtre.