"Plus près, mon fils, continua l'Apôtre, mets-moi à mes pieds, le visage contre terre, pour que je puisse faire plier ton cou orgueilleux."

Soltyk fit ce qui lui était ordonné.

"Je suis ton maître, dit le prêtre en posant son pied sur la nuque du comte, et tu es mon esclave."

Au moment om le pied du prêtre le touchait, Soltyk sentit son orgueil d'homme se réveiller. Il se releva d'un bond et se précipita sur le prêtre avec fureur. Mais celui-ci, qui était toujours préparé à de pareilles attaques, le frappa au visage avec la tête du fouet caché près de lui. Soltyk recula en chancelant. Au même moment, les hommes le saisissaient et l'enchaînaient de nouveau. "Pas encore converti, s'écria l'Apôtre; essayez donc de nouveau les fers rouges."

Le martyre recommença, mais cette fois Soltyk fut bientôt vaincu.

Il gémit, il cria, il demanda grâce, et quand son supplice cessa et qu'on lui ôta ses liens, il tomba par terre comme un corps sans vie. On le laissa étendu pendant quelque temps. Karow et les hommes s'éloignèrent sur l'ordre de l'Apôtre. Il ne resta avec le prêtre que les deux jeunes filles et la victime.

Lorsque le comte revint à lui, Dragomira et Henryka le relevèrent et le conduisirent au prêtre qui était assis.

"Ecoute-moi, dit le prêtre, ma patience est épuisée. Au moindre signe de résistance ou de désobéissance que tu donnes, je te fais infliger des supplices auprès desquels ceux que tu as soufferts jusqu'à présent en sont rien. A genoux!"

Soltyk se jeta à ses pieds sans dire un mot.

"Tu m'as menacé, murmura l'Apôtre, esclave que tu es, moi, le représentant de Dieu, moi, ton prêtre, ton juge, ton maître! Aussi, tu seras châtié comme un chien."