Il le frappa au visage.

"Tiens, baise la main qui te punit!"

Soltyk lui baisa la main.

"Prosterne-toi devant moi!"

Le comte obéit, et l'Apôtre se mit à le piétiner comme un sultan irrité fait à son esclave indocile, comme le maître fait à son chien. Et quand il lui ordonna ensuite de baiser le pied qui l'avait foulé, Soltyk, humble et rampant comme un chien, appuya ses lèvres sur le pied du prêtre. Il était maintenant tout à fait soumis.

Dragomira ne put s'empêcher de tressaillir lorsqu'elle vit ainsi humilié et maltraité l'homme avec qui elle venait de faire le plus doux rêve de bonheur. Mais ce n'était pas de la pitié: tous ses nerfs frémissaient par l'effet d'une sensation mystérieuse, à la fois ravissement et horreur, et ce qu'elle éprouvait était tellement surhumain que lorsqu'on eut reconduit Soltyk dans son cachot, elle se prosterna aussi devant l'Apôtre, pour lui baiser le pied.

XXIII

LA DERNIERE CARTE

Les dieux vengeurs agissent en silence. SCHILLER.

Zésim arrivait du champ de manoeuvres, lorsque le P. Glinski entra chez lui.