- Alors, selon toi, il vaut mieux renoncer à tout ce qui fait l'ornement de la vie?

- Oui.

- C'est bien triste.

- Je me sens calme et satisfaite ainsi. Voilà pourquoi je veux bien t'aimer si tu consens à être mon ami, mon frère; mais jamais un homme ne m'entraînera avec lui dans le tourbillon de ce monde coupable."

En ce moment on sonna à la porte de la rue; peu après on frappa doucement à la porte de la chambre. Cirilla se leva et sortit. Elle trouva dans le corridor une femme habillée de drap gris. La faible lueur de la lampe, accrochée au mur, lui permit de distinguer un visage rond, plein, aux traits accentués, et deux yeux noirs où brillait tout l'éclat fascinateur des regards orientaux. Les deux femmes se parlèrent à voix basse quelques instants, puis l'étrangère partit et Cirilla rentra dans la chambre.

Zésim se leva un moment pour allumer sa cigarette à la lampe. La vieille murmura alors à l'oreille de Dragomira:

"C'était la juive, la propriétaire du cabaret rouge.

- Que voulait-elle?

- Elle a fait une capture et voulait savoir si elle peut compter sur vous, dit Cirilla mystérieusement.

- Pourquoi ne le fait-elle pas elle-même?