Elle alla examiner de nouveau la situation du cabaret mystérieux, et se fit ensuite montrer la maison du marchand Sergitsch, à qui la vieille porta un billet de sa maîtresse.

Barichar vint un peu après, avec une grande valise qu'il remit au marchand.

Le soir, Dragomira sortit de chez elle, soigneusement enveloppée et voilée, et se rendit chez Sergitsch. Elle trouva tout fermé. Pourtant, dès qu'elle sonna, un jeune garçon vit lui ouvrir la porte et la conduisit silencieusement au premier étage, dans une petite chambre de derrière, dont les fenêtres étaient bouchées avec d'épais volets de bois. Sergitsch était là et l'attendait. Il reçut Dragomira d'un air de soumission, la pria de s'asseoir sur le divan et resta lui-même respectueusement debout devant elle.

"Vous savez de quoi il s'agit? dit Dragomira.

- Je suis au courant de tout et j'attends vos ordres. Je vous prie de me considérer comme votre serviteur, ma noble demoiselle.

- Peut-on concevoir quelque soupçon, si l'on me voit venir dans votre maison ou en sortir?

- Pas le moins du monde, répondit Sergitsch, je suis le président de la confrérie du Coeur de Jésus. Il vient beaucoup de monde chez moi, surtout des femmes.

- Mes affaires sont-elles ici?

- Oui, certainement."

Il apporta la valise.