»Celui qui se contente de peu.»

Voilà ce que dit notre Talmud. Aussi je vois bien que Dieu a la main sur vous, maître. Permettez-moi de vous suivre.

—Ami, répliqua Zénon en se levant d'un bond, j'ai achevé mon oeuvre ici, nous pouvons partir à l'instant.

Mais ils n'avaient pas fait trois pas, que Mordicaï, s'asseyant, se mit à gémir et à s'arracher les cheveux.

—Hélas! où ai-je eu la tête? Moi qui avais promis à madame de vous ramener. Malheureux que je suis!

Zénon éclata de rire:

—Calme ta conscience. Je te promets que tu me ramèneras, mais à la condition de voyager d'abord avec moi.

—Que dois-je faire?...

—Si tu réfléchis trop longtemps, je partirai seul. Et Zénon continua de marcher à grands pas, Mordicaï se traînant derrière lui avec de gros soupirs.

La nuit approchait lorsque Zénon et Mordicaï passèrent devant la petite chapelle qui était un but de pèlerinage. Tous les objets, après avoir projeté des ombres démesurées, s'effacèrent peu à peu, et lorsqu'ils atteignirent le point où les chemins, se divisant, conduisent à gauche vers Saroki, à droite vers Dobrowlani, le vieux juif balbutia soudain en se cachant derrière Zénon: