—Ne voyez-vous rien? Moi, je vois un géant qui nous menace du bras.
—Bah! fit le jeune homme, je n'ai pas peur de lui.
—Mais moi, j'ai peur.
Zénon marcha droit au géant et dit en riant:
—C'est un poteau, Mordicaï.
—Si c'est un poteau, tant mieux; mais cela pouvait être aussi bien un brigand.
A cent pas de là, une souris ayant traversé le chemin, Mordicaï s'enfuit dans un champ de blé avec des cris perçants.
—Pour une souris?... s'écria Zénon.
—Il n'y a pas de honte à fuir devant une souris, répondit le juif tout tremblant, quand elle est grande comme un loup.
Malgré toutes ces fâcheuses rencontres, ils gagnèrent sans accident un petit bois de bouleaux qui formait la limite de la seigneurie de Saroki.