—C'est la vérité...
—Retirez-vous, dit un vieillard, la sagesse est dans la bouche de ce jeune homme. Le Ciel l'a suscité parmi nous.
—Dieu laisse briller son soleil sur le juste et sur l'injuste, criait le juif du haut de son arbre. Ne soyez pas plus sévères que Dieu, plus impitoyables que le soleil.
Une voiture qui passait divisa la foule, et le docteur Lenôtre, ayant reconnu Zénon, fit arrêter. On lui exposa le cas.
—Vous méritez, dit-il aux tourmenteurs d'Azaria, que la peste vous enlève tous. Voyez ce jeune étranger; il vaut mieux à lui tout seul que cent mille d'entre vous. Quiconque s'attaquera à lui ou à la fille que voici aura affaire à moi.
Le médecin français avait une grande influence sur ces gens, qu'il soignait en leurs maladies. Tandis que sa voiture disparaissait dans un nuage de poussière, la multitude commença lentement à se disperser.
—Si vous voulez juger quelqu'un, jugez donc le séducteur, dit d'un ton ironique aux plus obstinés le juif Mordicaï, qui s'était décidé à redescendre de l'arbre.
—C'est un seigneur, nous n'avons pas de pouvoir sur lui, répondit-on.
—Parce que vous êtes des lâches! s'écria Azaria, oui, des lâches, capables seulement de maltraiter une pauvre fille abandonnée. Tant pis pour vous! Pourquoi ne pas vous révolter contre le maître qui a enlevé à Nazaretian son Olexa et enrôlé le fiancé de force. Pourquoi, dites?...
Personne ne souffla mot, mais Zénon prenant Azaria par la main: