—Tu ne diras pas non, parce que tu m'aimes.
—Autant que je te hais, répliqua Maryan farouche.
—Enfant! ne désirais-tu pas de tout ton coeur pouvoir être à moi comme je suis à toi seul? Nous verrons le monde ensemble, nous jouirons de la vie, tu abandonneras un travail ingrat...
—Et s'il me manque, de quoi vivrai-je?
—Vas-tu mêler d'ignobles questions d'argent à notre amour? Je te parle d'aller en Italie, à Paris, où tu voudras...
Maryan se tut. C'était une première lâcheté sans remède. Il consentait par ce silence à quelque chose de pire que la mort, l'infamie.
—Oh! que je suis heureuse, s'écria étourdiment Warwara, un bonheur comme le mien ne peut être acheté trop cher!
—Même si on le paye vingt mille florins? demanda Maryan avec un dégoût profond.
Il se sentait le plus vil des hommes et il s'y résignait.