—Comment pouvez-vous supporter cela? demandait madame Iraleff; c'est épouvantable! Pauvre jeune homme!
—Si j'avais le coeur dur, je l'aurais depuis longtemps congédié, répondait Warwara, mais je suis faible et bonne. On ne peut changer sa nature!
Enfin, Maryan provoqua une explication:
—Ne lui refusez pas cela, dit Hermine, voyez-le... il est si agité!
Hermine ayant parlé, Warwara dut se soumettre, mais elle craignait que l'explication n'irritât ses nerfs, et la remit au lendemain, au surlendemain, au jour suivant,... puis il se trouva que le jour suivant l'ambassadeur de Russie donnait une fête à laquelle il lui était impossible de manquer. Comme elle s'envolait, en grande parure, au bras du comte, Maryan apparut sur le seuil à l'improviste, très pâle, les cheveux en désordre:
—Madame, il faut que je vous parle.
Warwara rougit jusqu'au blanc des yeux.
—Qui est ce jeune homme? demanda le comte.
Maryan était plus âgé que lui en réalité, mais la phthisie rajeunit les malades en prêtant à leurs traits une expression qui n'appartient qu'à l'âge de l'enthousiasme.
—C'est un parent pauvre, dit tout has Warwara. Puis, se tournant vers Maryan avec un sourire: