—Le sacrifice de ma liberté, de ma réputation d'honnête homme, et avant tout, celui de ma propre estime.
Warwara haussa les épaules.
—Ta liberté, je te la rends si elle t'est si précieuse.
Il frémit encore, de grosses larmes roulaient malgré lui le long de ses joues creuses.
—Je me hais pour cela, dit-il, mais tu sais bien que je n'ai pas la force de me séparer de toi.
Warwara s'était élancée hors de la chambre; elle revint avec un portefeuille qu'elle jeta devant lui d'un geste magnifique, de sorte que les billets de banque s'échappant voltigèrent de ça et de là comme de grands papillons:
—Voilà, dit-elle d'une voix étouffée, voilà mon argent. Je sais qu'il ne s'agit que de cela, prends-le, je te donne tout volontairement, mais ne me tourmente plus ainsi.
Maryan la toisa d'un regard qui la brûla comme un fer rouge et qui lui fit sentir pour la première fois qu'elle avait un coeur.
Tandis que, repoussant du pied le portefeuille, il sortait sans répondre, Warwara se jeta dans le fauteuil et se mit à sangloter. Hermine accourut haletante:
—Il s'en va, et vous en êtes cause. Il s'en va! Oh! madame! Outrager un mourant!...