La plupart d’entre nous ont compris très tôt que la remise en état de nos appareils ou tout au moins de l’un d’eux constituait notre unique moyen de salut. Une retraite à pied à travers les banquises, quelle que fût la direction adoptée, aurait présenté moins de chances de réussite ; l’expérience que nous autres du N-24 venions de faire de ce genre d’exercice nous a instruit à cet égard.

Notre vie laborieuse pendant les semaines suivantes a été décrite plus haut. Au début, ce fut pour nous un crève-cœur d’abandonner notre avion. A mesure que le temps s’écoula et que nous prîmes conscience des difficultés que nous devions vaincre pour arriver à libérer le N-25, ce sentiment s’apaisa, et, lorsque le 15 juin nous réussîmes à prendre l’air, nous perdîmes de vue, sans trop de regrets, l’excellent appareil qui nous avait portés jusqu’aux approches du Pôle.

Ours fuyant devant une embarcation du Hobby qui lui donnait la chasse.

TROISIÈME PARTIE

En patrouille sur la côte nord du Spitzberg.
(21 mai-18 juin)

PAR
Fredrik RAMM

CHAPITRE PREMIER
L’attente.

A l’extrémité nord-ouest du Spitzberg. — Premières préoccupations. — Aventures de chasseurs norvégiens dans l’Arctique. — Soleil et brume.

21 mai. — Baie du Roi. — A 17 h. 15 le N-25 descend sur la glace ; un instant après le N-24 suit ; sept minutes plus tard les deux avions ont disparu de l’horizon.