Pour cela, on emploie le même instrument, lequel permet de viser un point passant sous l’avion à partir d’un relèvement de 45° sur l’avant. Pendant l’observation, le pilote gardera une grande stabilité de route. L’observateur met en mouvement un compteur, lorsqu’un objet est au relèvement 45°, et stoppe quand ce même objet est sur la perpendiculaire de l’avion. Connaissant l’altitude et le temps écoulé entre les deux passages, on trouve la vitesse vraie au moyen d’une règle à calcul.
On obtient alors les données suivantes :
1o Vitesse propre ;
2o Route au compas ;
3o Vitesse vraie ;
4o Angle de dérive.
Toutes ces données, on les applique sur une règle à calcul appartenant à l’instrument, et rapidement on connaît la direction dans laquelle, étant donné le vent régnant, on doit gouverner pour tenir la route prévue et en même temps la vitesse vraie que l’on aura dans cette direction. En outre on obtient la direction vraie du vent et sa force à l’altitude à laquelle on navigue. La nouvelle route est alors donnée au pilote.
S’il gouverne d’après le compas solaire, l’observateur apportera la correction nécessaire au périscope et pour cela le fera tourner d’un certain nombre de degrés.
Aussi longtemps que l’on ne survole pas une mer de nuages, ce procédé est applicable. Si on contrôle constamment la vitesse vraie, on peut atteindre le Pôle, en employant exclusivement les méthodes de la navigation maritime. Pendant deux heures au nord de la côte septentrionale du Spitzberg, nous rencontrâmes de la brume, comme il a été dit plus haut, et ne pûmes par suite faire aucune observation de dérive. Aussitôt qu’il fut possible d’en exécuter, nous apportâmes la correction nécessaire au compas solaire. En raison de ce que nous avions été dépalés, il se trouvait orienté beaucoup trop dans l’ouest du Pôle. Je dois faire observer à ce sujet que le compas solaire n’indique la direction de ce dernier point qu’autant que l’on vole le long du méridien pour lequel l’instrument a été réglé au départ. Si l’on a été déporté et que l’on continue à se diriger d’après le compas solaire, on avancera dans une direction parallèle à celle du méridien que l’on se proposait de suivre. Dans ce cas, pour donner au compas une nouvelle orientation de manière à ce qu’il soit dirigé vers le Pôle, il faudrait connaître la longitude du lieu.
Pendant le voyage d’aller comme pendant le retour, le compas solaire nous rendit les plus grands services. Si nous n’avions eu que des compas magnétiques nous n’aurions pas été sûrs de nous.