—Oh! quelles adorables tartelettes à la crème! fit Julia en ouvrant le sac. Et quels délicieux choux aux fraises!

—Oui! dit Gédéon, essayant de cacher sa déconvenue. J'ai bien prévu que le mélange produirait quelque chose de très beau. D'ailleurs, la pâtissière l'a prévu aussi.

—Et maintenant, dit Julia après avoir mangé une demi-douzaine de gâteaux, je vais vous montrer la lettre de Maurice. Lisez-la tout haut: peut-être y a-t-il des détails qui m'ont échappé?

Gédéon prit la lettre, la déplia sur un de ses genoux, et lut ce qui suit:

«Chère Julia, je vous écris de Browndean, où nous nous sommes arrêtés pour quelques jours. L'oncle a été très secoué par ce terrible accident, dont, sans doute, vous aurez lu le récit dans le journal. Demain, je compte le laisser ici avec Jean, et rentrer seul à Londres; mais, avant mon arrivée, vous allez recevoir un baril contenant des échantillons pour un ami. Ne l'ouvrez à aucun prix, mais laissez-le dans le vestibule jusqu'à mon arrivée!

«Votre, en grande hâte,

«M. FINSBURY.

«P. S.—N'oubliez pas de laisser le baril dans le vestibule!»

—Non, dit Gédéon, je ne vois rien là qui se rapporte au monument!—Et, en disant cela, il désignait les jambes de marbre.—Miss Hazeltine, poursuivit-il, me permettez-vous de vous adresser quelques questions?

—Mais volontiers! répondit la jeune fille. Et si vous réussissez à m'expliquer pourquoi Maurice m'a envoyé une statue d'Hercule au lieu d'un baril contenant des «échantillons pour un ami», je vous en serai reconnaissante jusqu'à mon dernier jour. Mais, d'abord, qu'est-ce que cela peut-être, «des échantillons pour un ami»?