—Dans un cas comme celui-là, dit-il, la perte incombe uniquement à nous, c'est-à-dire à mon oncle et à moi!

—Pas du tout, monsieur, pas du tout! C'est la banque qui est responsable. Ou bien nous recouvrerons ces huit cents livres, ou bien nous vous les rembourserons sur nos profits et pertes: vous pouvez y compter!

Le nez de Maurice s'allongea encore; puis un nouveau rayon d'espoir s'offrit à lui.

—Ecoutez! dit-il. Laissez-moi le soin de régler cette affaire! Je m'en charge. J'ai une piste! Et puis, les détectives, ça coûte si cher!

—La banque ne l'entend pas ainsi, monsieur! répliqua M. Judkin. La banque supportera tous les frais de l'enquête; nous dépenserons tout l'argent qu'il faudra. Un escroc non découvert constitue un danger permanent. Nous éclaircirons cette affaire à fond, monsieur Finsbury; vous pouvez compter sur nous, et vous mettre l'esprit en repos là-dessus!

—Eh bien! je prends sur moi toute la perte! déclara hardiment Maurice. Je vous demande d'abandonner l'affaire!

A tout prix, il était résolu à empêcher l'enquête.

—Je vous demande pardon, reprit l'impitoyable M. Judkin; mais vous n'avez rien à voir dans cette affaire, qui est toute entre nous et monsieur votre oncle. Si celui-ci partage votre avis, et qu'il vienne nous le dire, ou qu'il consente à me recevoir auprès de lui...

—Tout à fait impossible! s'écria Maurice.

—Eh bien! vous voyez que nous avons les mains liées! Il faut que nous mettions aussitôt la police en mouvement!